Isabelle Guérin



 
 


 

"Dérouter" : éloigner de la route / déconcerter

 

Déroutante. J'aime ce mot, j'aime le décaler, l'utiliser comme substantif alors qu'il s'agit d'un adjectif, j'aime lui donner un éclat particulier, juste en le détournant de l'usage habituel. Utilisé ainsi, il fait hausser les sourcils à mon interlocuteur/trice, il demande un brin d'explication, il interpelle, il interloque.

 

J'aime qu'il puisse désigner quelque chose de très concret - le changement de route -, et aussi qu'il ait sa place dans le figuré, dans l'abstrait, comme s'il prenait place dans deux mondes parallèles : il me parle de la route dont on dévie, des autoroutes qu'on abandonne au profit des chemins pour lesquels on doit sortir la carte routière et la boussole ; il me parle aussi de surprise, d'inconnu, de déconcertant, d'impromptu, de ces zones de soi qu'on ne connaît plus trop et dans lesquelles on se perd ; et il me parle de ces routes qui nous permettent de nous relier à d'autres vivants, et au monde autour de soi.

 

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Je m'appelle Isabelle Guérin. J'ai créé ce blog au printemps 2017, après une semaine de retraite de méditation en silence qui m'a secouée dans tous les sens. Je l'ai créé sans trop savoir ce qui allait se passer avec cet espace neuf que je me taillais sur-mesure, et qui continue de se créer et de s'adapter – parfois sans que je sois vraiment au courant moi-même, voyez. Un espace mouvant et vivant par lui-même. 

 

Aujourd'hui (année 2021), on y trouve essentiellement des mots, des histoires, de la poésie – parce que les mots sont aujourd'hui ma principale médecine ; mais aussi des essais de podcast et de la photographie. Je ne sais pas toujours exactement ce qui se passe ici, dans cet espace ; mais ce "pas savoir" me convient. Et même - je l'entretiens, je le nourris avec soin.

 

De ce monde où nous sommes censés savoir ce que nous voulons, où nous voulons aller, qui valorise l'action, la décision, ici je prends sciemment le contre-pied en m'enracinant dans ce que je ne sais pas encore. Dans le flou. Dans ce qui m'arrive mais dont je n'ai pas encore conscience mais que je pressens, et qui s'exprime et passe à travers moi avec des mots, de la poésie et des images. Dans ce qui nous pousse à sortir des rails bien tracés des peurs dont nous sommes pétris, dans cette chose mystérieuse qui nous pousse aussi parfois, doucement mais sans négociation possible, à sortir des rails. A nous dérouter. Et à faire confiance à cette "déroutante", cette espère de force dont nous perdons parfois la source mais qui nous met en mouvement.

 

J'apprends ici à me mouvoir, à m'observer et à observer le monde. C'est un point de vue depuis lequel je cartographie mon territoire. C'est mon promontoire. C'est un espace à la fois expérimental, artistique et - probablement – thérapeutique. Un espace où je m'autorise à sentir mes courants, à les suivre ; où je déploie tranquillement, à ma sauce et à mon rythme, un univers qui m'est propre. Un univers polymorphe, où se côtoient tout à la fois mythologies, voyages, déconstruction, solitude, correspondances, mouvement, corps, féminisme, photos, textes et improvisations.


Je laboure patiemment mes questionnements - les mêmes qui reviennent inlassablement, sous des formes qui se renouvellent. Revenir à mes mots, au langage qui m'est propre, à ma voix, à la possibilité de me faire entendre. Comment je m'inscris dans le monde, dans les relations, dans des interactions, dans un tissu social, culturel, politique. Revenir au corps, revenir aux sensations, à la sensation d'habiter pleinement cet espace donné, tel qu'il est ; y faire infuser de la présence, lui permettre d'exprimer ce qui y est imprimé ; le délier. 

 

Ici, je parle de corps, d'habiter mon corps : louable et longue quête dont je témoigne humblement des avancées - et des stagnations. J'expérimente, j'écris, je chante, j'écoute ; je médite et j'ouvre des espaces, des ateliers, des "laboratoires" où la proposition est d'aller vers soi, un peu plus, vers ce qui en soi a besoin d'air pour être entendu et pour émerger, vers plus de contact vrai et enraciné avec soi et avec le monde.

 

Les mots sont ma matière première ; ils me servent à tisser et à construire. Je n'explique rien, je ne me fais pas pédagogue, je ne cherche pas à convaincre, je me contente d'essayer d'exprimer ce qui de moi veut émerger à partir de ma propre expérience. Je parle depuis un point de vue particulier, subjectif, situé – et suis toujours curieuse de ce que vous racontez, vous, depuis vos points de vue à vous – c'est ce qui me permet de voir mieux - en relief.

 

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Je mets sur pause accompagnements individuels et espaces de parole (décembre 2021 jusqu'à...) en Loir et Cher ; pour me donner du temps et un peu de silence. Je vais passer du temps avec une formation qui me passionne, prendre soin de mes besoins de contemplation et de temps long, observer mes propres espaces d'expression et si possible les agrandir, continuer à écrire, oui. J'allais écrire aussi ne rien faire, mais je ne suis pas certaine que ça fasse partie de mes besoins – peut-être qu'il s'agirait plutôt de faire autrement.



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Ici, une liste des formations que j'ai suivies et du travail en cours.
 

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